
Le surf qu’on pratique aujourd’hui, est-il différent du surf originel ?
Le surf existe depuis des milliers d’années, et l’idée principale n’a pas changé : cela consiste toujours à monter sur une planche et de se laisser pousser par la vague. Comme partout, il y a eu des évolutions. À l’état rudimentaire, les figures n’existaient pas ou étaient peu développées. Puis, la chose se précise à Hawaï, où chaque individu était autorisé à surfer certaines planches en fonction de sa catégorie sociale. Plus la planche était longue, et faite d’un bois noble, léger et résistant, plus elle appartenait à des chefs de haut rang. Aujourd’hui, la prouesse, c’est la performance et les figures acrobatiques ; hier c’était surfer le plus longtemps possible, rester debout sur la plus longue distance. Idéalement, il fallait terminer sa glisse en posant ses pieds sur la plage. Cela m’est arrivé une fois, et c’est très gratifiant.

"Nous sommes à la fin d'un cycle, c'est certain, mais, comme en surf, le banc de sable disparaît et il finit toujours par se reformer autre part..."
Une bien jolie allégorie qui signifie que l'heure est à la restructuration pour éviter la casse, au mieux, le dépôt de bilan au pire. Les grandes marques espèrent à nouveau séduire les pratiquants de surf, toujours plus nombreux, en recentrant leur offre sur le matériel, qui, s'il ne représente que 24 % du marché de la glisse d'été, reste, lui, quasiment incompressible. Là encore, la tâche s'annonce rude. "Les surfeurs privilégient aujourd'hui les marques locales, plus proches de leurs besoins, aux planches de mauvaise qualité. La plupart sont produites en Asie et ne sont plus autant concurrentielles à cause des coûts de production qui augmentent là-bas aussi", explique Philippe Pélissier, gérant du surfshop l'Esquiro, à Seignosse.